Robotique et Agro-alimentaire

Le contrat de filière de l’agroalimentaire, signé fin 2018, ne mentionne pas spécifiquement la robotique. Que les roboticiens ne se découragent pas pour autant : l’agroalimentaire français est bien entré dans une forte dynamique d’automatisation et de digitalisation.

L’Europe est le premier marché mondial de robotique agro-alimentaire, estimé à US$ 1,8 milliards en 2017. L’industrie agro-alimentaire représente environ 10% des achats de robots industriels en France. Les applications principales sont la palettisation, l’emballage, le reconditionnement, la préparation de commandes et leur traitement. Dans une dynamique « Industrie 4.0 », les robots permettent une productivité accrue, un meilleur contrôle des processus et leur « traçabilité » (consommation d’eau et d’énergie par exemple), et une qualité fiabilisée par leur répétabilité et précision. Ils participent également à l’amélioration continue des process, en « système intelligent » mesurant et ajustant, à la demande, des variables de production.  

En amont de la filière, l’agriculture est déjà une entreprise de haute technologie : des plateformes digitales, des tracteurs guidés par GPS, des drones qui recueillent et analysent des données et font de l’épandage, des capteurs de sol, des robots viticoles en essaim, etc. L’agriculture est le 2e marché mondial de la robotique de service professionnelle, estimé à $ 7,5 milliards en 2018 par Tractica. Les applications vont de la plantation, la taille, le désherbage, l’ensemencement, la pulvérisation, la récolte à la manutention. La cobotique agricole, la « wearable robotics » et la réalité augmentée sont également des sources d’innovations.

Si la robotique permet de mieux répondre aux enjeux économiques, de santé et sécurité alimentaire de la filière, elle contribue également aux objectifs environnementaux.

Les tendances fortes du bio et de l’agroécologie ont donné lieu à de nombreux travaux de robotique agricole de précision (essaim de robots, robots de désherbage, robots de récolte), avec la promesse d’améliorer la gestion des sols et de réduire l’usage d’engrais synthétiques et de pesticides. Remplaçant la chimie par la mécatronique, elle allie productivité et pratiques écologiques et peut contribuer à la durabilité des petites exploitations. Or la France compte 17.000 entreprises agroalimentaires (98 % de PME) et plus de 500.000 petites exploitations agricoles. Ces PME et exploitations participent fortement à l’aménagement du territoire français. La transformation « anthropologique » s’opère sur toute la filière, du producteur jusqu’aux nouveaux modes de distribution locaux (AMAP, par exemple) et nos modes de consommation. Le facteur humain et notre agilité à créer de nouveaux modèles économiques et financiers sont deux enjeux déterminants. Les métiers se transforment, de nouveaux métiers doivent se développer. Le besoin de nouvelles compétences, par la formation initiale et continue (Plan d’investissement compétences) concerne plus d’un million d’individus. 50% des agriculteurs ont plus de 50 ans.

Mais, pour se déployer, l’entrepreneuriat robotique agricole aura besoin d’une dynamique d’écosystème : des industriels pour fabriquer les robots en petites séries, des agriculteurs innovants en capacité d’investir, des intégrateurs spécialisés, des services d’assistance et de maintenance qualifiés. Plus que jamais, il est nécessaire d’expérimenter sur le territoire les innovations en robotique agricole de ces champions et d’avoir des distributeurs – intégrateurs, proches de leur client pour ajouter du service aux machines. Pour se déployer, l’entrepreneuriat robotique agricole aura besoin d’une dynamique d’écosystème : des industriels pour fabriquer les robots en petites séries, des agriculteurs innovants en capacité d’investir, des intégrateurs spécialisés, des services d’assistance et de maintenance qualifiés.

La robotique agricole de précision et la robotique pour l’agro-alimentaire ouvrent la possibilité d’une stratégie française innovante « d’intensification durable », qui contribue à la durabilité économique et humaine des petites exploitations agricoles, à l’attractivité de la filière, à la transition agro-écologique et la préservation et dynamique des territoires. Une vision utopiste pour la filière française? Non. La France jouit de 1300 chercheurs en robotique d’excellence et d’entreprises  « champions » dans ce domaine. L’Utopie est au niveau du défi que constitue l’alimentation de 10 milliards d’humains à l’horizon 2050. 

Alors on met la robotique sur la feuille de route ? 

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