Dans le maquis des écosystèmes d’innovation

une chronique parue dans Les Echos en Janvier 2020, toujours d’actualité

Incubateurs, accélérateurs, fablabs, techno-campus, espaces collaboratifs digitaux et physiques, pôles et clusters, structures de transfert technologique, … les plateformes d’innovation pullulent en France, et ailleurs. L’entrepreneur de la « Start-up Nation », la PME du territoire ou l’antenne régionale du grand groupe ont l’embarras du choix. Et si tout le monde s’accorde sur le caractère essentiel de ces plateformes dans la dynamique d’innovation, il n’existe que peu ou pas de mesure de leur impact et performance.

Cette abondance d’acteurs de l’innovation, a emprunté son appellation à l’écologie : Nous voilà, à ce qu’il parait, dans un écosystème d’innovation: une communauté en interrelation, dont les membres tissent un réseau de dépendances, d’échanges, d’information pour maintenir un environnement favorable et développer l’innovation.

Complexe ou compliqué ?

La coordination et les relations de cet enchevêtrement d’acteurs publics et privés sont compliquées par leur nombre, le flou de leurs attributions et rôles ou le recouvrement de leurs objectifs.  Les structures sont en concurrence pour l’obtention de fonds et démultiplient les initiatives pour inciter l’adhésion des entreprises. Toutes souhaitent une dimension nationale, voire internationale, tout en étant, en réalité, au service exclusif d’un territoire régional ou local.

Cette concurrence favorise les cercles d’entre soi et rend difficile la convergence des stratégies et l’organisation de complémentarités. Quelle structure veut afficher sa dépendance à une autre, ou restreindre son vivier de prospects… L’illisibilité du système entraîne un gaspillage (ne serait-ce que de nos énergies) et conduit parfois simplement à renoncer à s’y intégrer.

Si l’écosystème d’innovation est,  par essence, complexe, il n’est pas nécessairement compliqué. Le rapport parlementaire sur la robotique française d’avril 2019 propose d’établir une carte de France de l’écosystème d’innovation, en positionnant les acteurs via des courbes de Gauss (80/20), sur des indicateurs « d’activités » par grandes filières sectorielles (les 18 CSF, notamment), par niveau de TRL (Technology Readiness Level) , par métiers (une taxonomie nationale reste à faire) et typologies de membres actifs et d’audience ou clients. Les courbes de Gauss sont ouvertes et évolutives. Elles rendent visibles et lisibles les structures d’innovation entre elles, sur leurs activités, à un niveau national et international, tout en favorisant les liens d’interdépendance, les mises en réseaux et coopérations en complémentarité et convergence.

En 2021, si on passait du compliqué à une navigation heureuse et simplifiée au sein d’un écosystème complexe !

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